FOAA c'est qui ?
FOAA c'est quoi ?
Une
histoire
de rencontres
0.2
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QUI
Mariam Diarra
Je fais partie d’une génération d’historiennes de l’art ayant poursuivi leurs études dans les années 1990, une époque où l’enseignement des arts contemporains africains était quasiment absent des universités françaises. Lorsque j’ai choisi de me spécialiser dans ce domaine en quatrième année, la tâche fut ardue, notamment en raison du manque de littérature francophone spécialisée.
Pourtant, les artistes issus de la diaspora africaine étaient bien présents sur la scène internationale, particulièrement dans des métropoles occidentales telles que Londres, Berlin ou New York. En France, cependant, leur visibilité était restreinte, et ils étaient souvent exclus des grandes institutions culturelles.
À la fin des années 1980, quelques tentatives ont vu le jour pour mettre en lumière ces artistes. Des expositions emblématiques et novatrices telles que Les Magiciens de la Terre et Africa Remix ont présenté au public occidental un art contemporain africain unique et foisonnant. Ces événements marquants ont alimenté mes recherches et renforcé ma détermination.
En 2001, j’ai entamé un séjour à Dakar, où j’ai rencontré des artistes sénégalais de premier plan tels que Viyé Diba et Louis Bassène. C’est également à cette occasion que j’ai échangé avec Ousseynou Wade, alors secrétaire général de la Biennale de Dakar, qui plaidait pour une meilleure reconnaissance des artistes africains sur leur propre continent.
L'année suivante, en 2002, l’édition de la Documenta 11 à Kassel, sous la direction d’Okwui Enwezor, a marqué un tournant. Enwezor a exploré les liens entre art, culture et société dans un contexte de mondialisation, offrant une plateforme sans précédent aux artistes du Sud. J’y ai découvert des œuvres puissantes, notamment celles de Yinka Shonibare, dont la réflexion sur l’identité culturelle, le colonialisme et le postcolonialisme a profondément influencé mes recherches.
En 2004, à Johannesburg, l’exposition Trade Routes a enrichi ma réflexion sur les flux culturels mondiaux et les itinérances des artistes contemporains. Ces expériences m’ont conduit en 2016 à assurer mon premier commissariat d’exposition au Salon d'Automne, où des artistes tels qu’Omar Ba, Cheremeh Poku et Gopal Dagnogo, issus de l'Afrique mais résidant en Occident, ont interrogé les enjeux cruciaux de l'art contemporain.
En 2018, j'ai renouvelé cette expérience en présentant des artistes en exil, explorant les questions de légitimité des artistes du Sud en dehors de leur contexte d'origine. Cette réflexion m’a amenée à interroger les dynamiques de validation artistique : les artistes africains ont-ils besoin de l’approbation des institutions occidentales pour émerger ? L'art contemporain est-il soumis à une pensée unique globalisée ?
Une partie de la réponse m’a été apportée par deux figures majeures du monde muséal africain Le directeur du Musée des Civilisations Noires de Dakar et l'ex directeur du Musée d’Art Contemporain de Miami lorsqu'en 2019 j'ai rejoint le Musée des Civilisations Noires, pour y développé des programmes éducatifs visant à rendre l’accès au musée plus inclusif.
Ces deux acteurs, après avoir mené une carrière en Occident, ont fait le choix de revenir en Afrique pour promouvoir et diffuser l’art du continent, ancrant leur démarche dans une perspective locale. Leur engagement a donné lieu à de nombreuses programmations artistiques novatrices, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des institutions, redéfinissant le rôle du musée en le concevant comme un espace « mobile », « visible » et « accessible » à tous sur l’ensemble du territoire.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit FOAA, avec pour ambition de rendre les musées africains visibles et accessibles au plus grand nombre, tant sur le continent qu'à l’international.
Mariam Diarra (directrice du musée FOAA )
QUOI
Fusion des Oeuvres d'Arts Africains
On entend souvent dire que les musées africains, pour ceux qui ont eu l’opportunité de les visiter, abritent des trésors inestimables, inaliénables, représentant un héritage commun à tous les peuples. Ces mots résonnent comme une vérité universelle, mais derrière cette rhétorique se cache une réalité plus nuancée, souvent marquée par des défis structurels.
Si vous consultez ce site, c’est probablement parce que vous avez tenté, au fil des ans, de trouver des informations pratiques sur la programmation et les collections de certains musées du continent africain, pour vous retrouver fréquemment confronté à des pages « Coming soon » ou « 404 not found », vous obligeant ainsi à reporter votre visite.
Face à ces obstacles, nombre d’entre vous ont cherché des alternatives, explorant des plateformes touristiques comme Le Petit Futé, qui, bien que fournissant un panorama des sites culturels incontournables, ne proposent pas toujours des détails précis sur les pratiques muséales, les collections ou le patrimoine exposé. Les experts dans ce domaine parviennent, certes, à rassembler des informations en consultant des catalogues d’exposition, des ouvrages spécialisés, ou des ressources numériques spécifiques.
Cependant, pour la majorité des visiteurs qui recherchent des informations ponctuelles sur une exposition temporaire, la localisation d’une œuvre ou qui souhaitent partager leur expérience d’une découverte muséale, cette quête d’information devient rapidement laborieuse.
Il ne s'agit pas ici de se substituer aux institutions culturelles, qui, il est vrai, privilégient souvent la préservation des collections physiques au détriment du développement de contenus numériques. Cependant, FOAA, dans une démarche de soutien et de contribution à une évolution déjà amorcée, vise à rassembler les collections des musées africains (notamment ceux d'Afrique subsaharienne et francophone) afin de renforcer leur visibilité et leur présence sur le web.
Cette plateforme ambitionne de rendre accessible et visible la création plastique de la diaspora en répertoriant les collections muséales, en localisant les artistes et leurs œuvres, en informant sur l’actualité des expositions temporaires, et en mettant en parallèle les chefs-d'œuvre produits simultanément dans diverses régions du monde.
Dans cette perspective, nous espérons que FOAA devienne un outil de promotion du patrimoine culturel africain et un vecteur de diffusion à l’échelle numérique. En renforçant leur présence en ligne et en se connectant aux publics adéquats, les musées africains pourront progressivement obtenir la reconnaissance qu'ils méritent sur la scène culturelle internationale.
